Leonora Miano – Contours du jour qui vient

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Contours du jour qui vient

Leonora Miano

Plon, Pocket – 2006

« Lorsque tu t’es saisie de la dame-jeanne de pétrole que nous gardions pour allumer les lampes-tempête au cours des trop nombreuses coupures d’électricité, la vieille Sésé s’est approchée. Elle a retenu ton bras. Tous, ils t’avaient vue me garnir les oreilles, les narines et le sexe de papier journal, afin que le feu prenne plus vite. Mes bras étaient attachés à la tête du lit. Tu m’avais sanglé les jambes après les avoir écartées. J’étais nue et ma peau portait encore les marques laissées par les bambous. »
Accusée de sorcellerie, Musango, neuf ans, échappe de peu à la mort. Chassée de chez elle, elle erre dans les rues de la ville, chétive et affamée, avant d’être recueillie par une Française qui s’occupe des enfants démunis. Lorsque la communauté française est agressée par de jeunes rebelles, Musango s’enfuit et est enlevée par des trafiquants chargés de fournir des filles aux réseaux de prostitution européens. Décidée à retrouver sa mère, elle découvre un pays frappé de folie.

(avis un peu court, mais retrouvez tout de même mon avis en bref en bas de l’article)

Second roman de l’auteur et faisant partie de la trilogie “Suite Africaine” qui regroupe L’intérieur nuit (2005) et Les Aubes Écarlates (2009), le livre peut se lire indépendamment.

Livre initiatique à la première personne, nous suivons Musango, petite fille de neuf ans, jusqu’à ces douze ans. Si le roman souffre de quelques longueurs après un début pourtant passionnant, la plume poétique de Léonora Miano ramène toujours avec succès le lecteur vers Musango et son évolution. C’est lorsque Musango s’adresse directement à sa mère, pourtant physiquement absente, avec l’aide de la seconde personne du singulier que le talent de l’auteur prend toute son ampleur. C’est par ailleurs ce qui m’a poussé à poursuivre malgré les longueurs qui m’avaient dans un premier temps découragé. Car la poésie prend parfois la forme de description un peu hasardeuse qui tendent plus à perdre le lecteur qu’à faire ressentir les émotions de la petite fille.

Si la description cauchemardesque de ce pays d’Afrique imaginaire frappe le lecteur il n’en reste pas moins à de nombreux passages un fardeau qui le détache sentimentalement de Musango. Musango pourtant fascinante, en particulier dans la seconde partie du roman, lorsque cette dernière réalise enfin toute sa force, son parcours initiatique l’amène à une “seconde naissance”, la poésie de l’auteur embrase son personnage et lui donne alors toute sa dimension.

Elle ne subit plus, jusqu’ici spectatrice de sa vie elle en devient l’initiatrice. C’est elle qui décide de retourner vers sa ville natale, c’est elle qui retourne vers son école, vers sa grand-mère qu’elle n’avait jamais connu et enfin…vers sa mère qui l’avait si sauvagement chassée. Si la première partie du roman nous éloignait de Musango lorsque l’on arrivait enfin à la saisir, la seconde partie ce n’est pas le spectateur qui va au personnage, mais bien Musango qui prend le lecteur. Elle l’emmène et le confronte à sa réalité et à sa sagesse. Et pour cet aspect du roman, Contours du jour qui vient mérite largement d’être lu.

En bref :

Si le roman après un début passionnant a bien failli me perdre de part ses longueurs, la seconde partie rattrape cet aspect négatif. Il mérite que l’on s’y accroche, et je pense bientôt lire un autre de Léonora Miano, ma curiosité a été piquée.

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