Chimamanda Ngozi Adichie – L’hibiscus Pourpre

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L’hibiscus Pourpre

Chimamanda Ngozi Adichie

Gallimard – 01/11/2016

Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d’Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d’une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique (il possède le seul journal indépendant du pays) en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l’éducation de ses enfants comme une chasse au péché où les plus terribles punitions trouvent leur justification dans la foi. Quand un coup d’Etat vient secouer le Nigeria, Eugène, très impliqué dans la crise politique, est obligé d’envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, qu’ils croyaient dangereuse et païenne, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable et la maison se transforme en champ de bataille où les enfants vont se révolter pour gagner leur liberté. L’Hibiscus pourpre est un roman bouleversant sur la fin de l’innocence, la violence domestique, l’intolérance religieuse et l’émancipation.

Après Chère Ijeawele, Nous sommes tous des féministes et Americanah, ma découverte de Chimamanda Ngozi Adichie continue avec L’hibiscus Pourpre.

(pour un avis bref : rendez-vous en bas de l’article.)

Et la découverte confirme mon admiration pour cette femme. L’histoire se déroule au travers des yeux de la jeune Kambili, au travers de ses yeux nous découvrons un père charismatique, admirable mais aussi terrifiant. Ce mélange d’amour et de peur qui malgré la violence ne la quittera jamais.

Pas de longues descriptions du registre du pathétique pour décrire les violences parentale, mais de la subtilité. La violence se devine, au travers d’allusions, d’une subtilité savamment distillées par l’auteur. Après tout pour Kambili, ce quotidien n’est que normalité, comment décrire la violence qui pour nous est en réalité une preuve d’amour ? Pire, la violence d’Eugène, le père, est justifiée par ni plus ni moins que…Dieu. Chaque coup donné expie leur péché et les rapproches d’un Dieu vénéré par leur père.
Pas de crise de colère, mais de larmes, un père déchiré d’amour pour un être supérieur et pour ses enfants humains et donc…Imparfait.
Puis soudain la vie. Alors que le début du roman se déroule entre les grands murs froids d’Eugène et où personne n’ose respirer, la moitié nous emmène dans la petite maison de la tante Ifeoma et de ses enfants, ce petit espace où tout respire joie et rire.
Les rires qui surprennent Kambili, jeune femme incapable même de sourire.

Cette découverte de “la vie” est sûrement un des points clé du roman, et de toute nos forces nous voulons voir Kambili s’épanouir aux côtés de sa cousine, ses cousins, sa tante, son frère…et d’un prêtre dont la dévotion est bien loin du fanatisme paternel.

Le lecteur découvre le contexte politique et social d’un Nigéria au bord de la rupture qui nous rappelle l’excellent Americanah. Encore une fois, Chimamanda Adichie fait preuve de subtilité, le contexte politique se fond parfaitement dans la description du quotidien de la famille de Ifeoma. Ifeoma, personnage fort, moderne, le parfait opposé de son frère fanatique et tyrannique.

L’hibiscus Pourpre offre un excellent roman sur le passage de l’enfance à l’âge adulte, sous une simplicité apparente ce cache une violence sans borne, celle du fanatisme. Religieux et politique.

En Bref :

Je suis encore une fois sous le charme de la plume de Chimamanda Ngozi Adichie, une légèreté et une simplicité derrière laquelle se cache toujours une dure réalité.

Comme Americanah, l’espoir porte ce destin de (future) femme et nous avec.

Coup de cœur. 

 

 

2 thoughts on “Chimamanda Ngozi Adichie – L’hibiscus Pourpre

  1. Pingback: Pierre Lemaître – Au revoir là-haut | Livre'sse

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